Une naissance

Avec les premiers jours d’automne sont nés deux petits garçons aux prénoms de lumière. Je vois leurs iris noirs, la pureté de leurs traits, leurs toutes petites mains et, éblouie d’amour à en pleurer, mon ventre tout à coup ne m’a jamais semblé si creux. 

Sur mon téléphone je fais défiler les images d’avril, mon minuscule F. emmailloté dans un lange, sa peau nue contre ma poitrine, les nuits blanches à le couver des yeux. Tout est allé si vite, il y avait l’urgence, les aléas, il fallait dire « Ça va », il fallait être forte. 

Six mois pour réaliser, pour pleurer les larmes que, dans cette course de fond, je n’ai pas eu le temps de verser. C’est pas les oignons, non. C’est le temps qui nous file entre les doigts quand on oublie - inspire, expire - de respirer.