Avant de dormir

Dans la pénombre, il appelle « Maman ! ». Une heure qu’il se tourne, se retourne, bien décidé à ne pas se laisser embobiner par Morphée.

« Maman ! »

Un câlin, je l’embrasse, il faut dormir maintenant. Je chante tout bas notre petite chanson. « Ça veut dire quoi la paix maman ? » Ah.

Je me couche a ses côtés, me recroqueville dans sa coquille de nuit, nos têtes posées sur le même oreiller. Lui les yeux ouverts, moi les yeux fermés qui montre l’exemple, il me caresse les cheveux, me demande si je respire. Je prends sa main, la pose sous mes narines, « je sens le vent maman ». Dans la nuit, son visage près du mien, on respire.

Ma main posée sur mon ventre, je pense à la sensation de mes bébés qui bougeaient sous ma peau hier encore, comme un souvenir diffus, je me demande où elle s’en est allée. Ce n’est pas si loin, je ne me souviens plus très bien. Je me dis : on est comme des poupées russes, leurs racines sont au creux de moi. Je me dis : il faut profiter. Je me dis : il faut vivre fort. Oui c’est ça, vivre fort.

Une brise sur ma peau. Il dort.

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